{"id":1469,"date":"2025-05-02T22:11:33","date_gmt":"2025-05-02T22:11:33","guid":{"rendered":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/2025\/05\/02\/declaration-du-rapporteur-de-lonu-sur-les-droits-des-peuples-autochtones-a-la-83e-session-de-la-commission-africaine-des-droits-de-lhomme-et-des-peuples\/"},"modified":"2025-05-02T22:44:17","modified_gmt":"2025-05-02T22:44:17","slug":"declaration-du-rapporteur-de-lonu-sur-les-droits-des-peuples-autochtones-a-la-83e-session-de-la-commission-africaine-des-droits-de-lhomme-et-des-peuples","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr?p=1469","title":{"rendered":"D\u00e9claration du Rapporteur de l\u2019ONU sur les droits des peuples autochtones \u00e0 la 83e session de la Commission africaine des droits de l\u2019homme et des peuples"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\">D\u00e9claration du Dr. Albert Barume,<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Rapporteur sp\u00e9cial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00e0 la 83\u00e8me session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l&rsquo;homme et des Peuples<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1465 aligncenter\" src=\"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/african-com.png\" alt=\"\" width=\"422\" height=\"328\" srcset=\"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/african-com.png 572w, https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/african-com-300x233.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 422px) 100vw, 422px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Pr\u00e9sident de la Commission africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples<\/em><br \/>\n<em>Mesdames et Messieurs les Commissaires,<\/em><br \/>\n<em>Excellences Mesdames et Messieurs les ministres et les repr\u00e9sentants des gouvernements<\/em><br \/>\n<em>Mesdames et Messieurs les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, Mesdames et Messieurs<\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;est un grand honneur pour moi de m&rsquo;adresser \u00e0 cette 83\u00e8me session ordinaire de la <a href=\"https:\/\/achpr.au.int\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Commission Africaine<\/a> qui se tient ici \u00e0 Banjul, en Gambie.<\/p>\n<p>Je saisis cette occasion pour f\u00e9liciter la Commission africaine pour son travail de pionnier sur les droits des peuples autochtones en Afrique et pour son impact au niveau international, dont j&rsquo;ai eu le privil\u00e8ge d&rsquo;\u00eatre t\u00e9moin. La Commission africaine est devenue une r\u00e9f\u00e9rence mondiale en mati\u00e8re de droits des peuples autochtones ; ses d\u00e9cisions historiques sont constamment cit\u00e9es aux Nations unies et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions ; et l&rsquo;ensemble de son travail fait la fiert\u00e9 de l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p>Mon intervention se compose de trois sections : la premi\u00e8re donne un aper\u00e7u de l&rsquo;interpr\u00e9tation contemporaine du concept de \u00ab peuples autochtones \u00bb dans le domaine des droits de l&rsquo;homme et de sa pertinence en Afrique ; la deuxi\u00e8me donne un aper\u00e7u du mandat de l&rsquo;UNSRIP ; et la troisi\u00e8me r\u00e9fl\u00e9chit au contexte mondial actuel et \u00e0 son impact sur les droits de l&rsquo;homme en Afrique.<\/p>\n<h3>I. Compr\u00e9hension des \u00ab peuples autochtones \u00bb en Afrique et contribution du continent au cadre normatif mondial sur les peuples autochtones<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab peuples autochtones \u00bb est un concept de droits de l&rsquo;homme con\u00e7u pour rem\u00e9dier aux discriminations raciales utilis\u00e9es comme outils pour d\u00e9poss\u00e9der certains peuples et communaut\u00e9s traditionnelles de leurs terres et an\u00e9antir leurs cultures. Les victimes de cette violation particuli\u00e8re des droits de l&rsquo;homme sont per\u00e7ues comme des sous-hommes, racialement inf\u00e9rieurs, arri\u00e9r\u00e9s et socialement insuffisamment structur\u00e9s pour se gouverner eux-m\u00eames ou jouir de droits \u00e9gaux, notamment les droits aux terres, territoires et ressources. Cette violation affecte non seulement le corps, mais aussi l&rsquo;esprit des victimes, dont l&rsquo;estime de soi est ensuite d\u00e9truite, ce qui les rend vuln\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;alcoolisme et \u00e0 la toxicomanie et les expose \u00e0 un taux \u00e9lev\u00e9 de suicide et de sans-abrisme, entre autres. Le traumatisme li\u00e9 \u00e0 cette violation est transg\u00e9n\u00e9rationnel. Les femmes autochtones sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables, car en plus d&rsquo;\u00eatre discrimin\u00e9es en tant que femmes, elles souffrent \u00e9galement d&rsquo;\u00eatre des femmes autochtones. Les enfants issus de ces peuples victimes sont souvent ridiculis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole par les autres, ils abandonnent leurs \u00e9tudes \u00e0 un stade pr\u00e9coce et ont tendance \u00e0 avoir honte de leur identit\u00e9 culturelle. Les victimes des droits de l&rsquo;homme pour lesquelles le r\u00e9gime des peuples autochtones a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u ne sont pas de simples pauvres ; elles souffrent de quelque chose de bien plus profond et sinistre que la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>De 2000 \u00e0 2003, la Commission africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples (ci-apr\u00e8s la Commission africaine) a entrepris une \u00e9tude fond\u00e9e sur les questions de recherche suivantes : Existe-t-il en Afrique des communaut\u00e9s qui ont subi ou continuent de subir des pr\u00e9jug\u00e9s raciaux identiques ou similaires \u00e0 l&rsquo;encontre de leur humanit\u00e9 et de leurs modes de vie traditionnels, qui ont conduit \u00e0 la d\u00e9possession des terres et \u00e0 une marginalisation extr\u00eame ? Existe-t-il des communaut\u00e9s traditionnelles dont les cultures sont consid\u00e9r\u00e9es comme arri\u00e9r\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 dominante et dont les terres ancestrales ont \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9es, per\u00e7ues comme inoccup\u00e9es, sous-utilis\u00e9es ou n&rsquo;appartenant \u00e0 personne en raison de leurs moyens de subsistance particuliers ?<\/p>\n<p>La Commission africaine a constat\u00e9 qu&rsquo;il existait effectivement dans plusieurs pays africains postcoloniaux des communaut\u00e9s traditionnelles qui <em>\u00ab sont victimes de formes particuli\u00e8res d&rsquo;atteintes aux droits de l&rsquo;homme ; [que ces communaut\u00e9s sont] &#8230; per\u00e7ues n\u00e9gativement par le courant dominant [et que leurs] &#8230; cultures et modes de vie font l&rsquo;objet de discrimination et de m\u00e9pris et [que leur] &#8230; existence m\u00eame est menac\u00e9e d&rsquo;extinction \u00bb<\/em>. La Commission africaine a \u00e9galement not\u00e9 que dans certains pays, les membres de ces communaut\u00e9s \u00ab<em> sont consid\u00e9r\u00e9s comme la propri\u00e9t\u00e9 des [autres], sous-hommes, sales, paresseux, avides, stupides, infantiles et non int\u00e9ress\u00e9s par le d\u00e9veloppement<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>La Commission africaine a constat\u00e9 qu&rsquo;\u00ab <em>en Afrique, le terme peuples autochtones ne signifie pas \u201cpremiers habitants\u201d en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;aboriginalit\u00e9 par opposition aux communaut\u00e9s non africaines ou venues d&rsquo;ailleurs&#8230;.<\/em> \u00bb. C&rsquo;est un terme par lequel les groupes qui s&rsquo;identifient comme peuples autochtones et qui subissent des formes particuli\u00e8res de discrimination syst\u00e9matique, de subordination et de marginalisation en raison de leurs cultures, de leurs modes de vie et de leurs modes de production particuliers &#8230; attirent l&rsquo;attention sur leur situation. C&rsquo;est un terme qui leur permet d&rsquo;exprimer les violations des droits de l&rsquo;homme dont ils sont victimes&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p>La Commission africaine a \u00e9galement conclu que toutes les communaut\u00e9s ou minorit\u00e9s traditionnelles africaines ne peuvent pr\u00e9tendre avoir souffert ou continuer \u00e0 souffrir d&rsquo;une telle d\u00e9possession des terres ancestrales fond\u00e9e sur le racisme \u00e0 l&rsquo;encontre de leur \u00eatre et de leur culture. Elle a donc conclu qu&rsquo;en Afrique, le terme \u00ab peuple autochtone \u00bb : (1) est un concept des droits de l&rsquo;homme ; (2) ne signifie pas \u00eatre le premier habitant d&rsquo;une terre ou d&rsquo;un pays donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exclusion d&rsquo;autres groupes ; (3) se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un nombre limit\u00e9 de communaut\u00e9s traditionnelles, principalement des chasseurs-cueilleurs et des pasteurs nomades, qui souffrent d&rsquo;une discrimination particuli\u00e8re teint\u00e9e de racisme ; et (4) ne signifie pas toute communaut\u00e9 minoritaire ou marginalis\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette conceptualisation des droits de l&rsquo;homme des \u00ab peuples autochtones \u00bb par la Commission africaine en 2003 a depuis permis au continent de contribuer activement aux cadres normatifs sur les peuples autochtones aux niveaux international, r\u00e9gional et national.<\/p>\n<p>En mai 2007, la Commission africaine a adopt\u00e9 un \u00ab <a href=\"https:\/\/achpr.au.int\/en\/special-mechanisms-reports\/advisory-opinion-african-commission-human-and-peoples-rights\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">avis consultatif<\/a> \u00bb qui a guid\u00e9 les diplomates africains \u00e0 New York lors des n\u00e9gociations sur la d\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP). Cet avis consultatif indiquait, par exemple, que \u00ab<em> &#8230;en Afrique, le terme [peuples] autochtones ne vise pas \u00e0 prot\u00e9ger les droits d&rsquo;une certaine cat\u00e9gorie de citoyens par rapport \u00e0 d&rsquo;autres. Cette notion ne cr\u00e9e pas non plus une hi\u00e9rarchie entre les communaut\u00e9s nationales, mais tente plut\u00f4t de garantir la jouissance \u00e9gale des droits et libert\u00e9s au nom des groupes qui ont \u00e9t\u00e9 historiquement marginalis\u00e9s&#8230; \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Par la suite, l&rsquo;aide-m\u00e9moire a \u00e9galement permis \u00e0 l&rsquo;Afrique d&rsquo;amender et d&rsquo;inclure un langage sp\u00e9cifique dans ce qui est la DNUDPA, ce qui a conduit \u00e0 l&rsquo;adoption de la D\u00e9claration en septembre 2007 par l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies.<\/p>\n<p>Depuis 2010, la Commission africaine et la Cour africaine ont rendu trois d\u00e9cisions et arr\u00eats historiques en faveur des peuples autochtones endorois, ogiek et batwa. M\u00eame s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas encore \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre, ces d\u00e9cisions et arr\u00eats constituent des \u00e9tapes cl\u00e9s dans le processus de protection et d&rsquo;application des droits des peuples autochtones en Afrique.<\/p>\n<p>En 2010, la R\u00e9publique centrafricaine est devenue le premier \u00c9tat africain \u00e0 ratifier la Convention n\u00b0 169 de l&rsquo;OIT relative aux peuples indig\u00e8nes et tribaux. La m\u00eame ann\u00e9e (2010), la R\u00e9publique du Congo a adopt\u00e9 une loi sp\u00e9cifique sur les peuples autochtones, suivie par la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo en 2022. D&rsquo;autres pays, comme le Kenya, la Namibie et le Cameroun, ont pris des mesures juridiques et politiques en faveur de la reconnaissance des droits des peuples autochtones, m\u00eame s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas encore formellement approuv\u00e9 le concept de \u00ab peuples autochtones \u00bb. Les cadres relatifs \u00e0 la biodiversit\u00e9 et au changement climatique ont \u00e9galement permis \u00e0 de nombreux \u00c9tats africains de reconna\u00eetre les peuples autochtones en tant que d\u00e9tenteurs de droits.<\/p>\n<h3>II. Aper\u00e7u du mandat du Rapporteur sp\u00e9cial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones<\/h3>\n<p>J&rsquo;ai pris mes fonctions de rapporteur sp\u00e9cial en janvier 2025, \u00e0 la suite de ma nomination par le Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations unies. \u00c0 l&rsquo;instar d&rsquo;autres m\u00e9canismes similaires, le mandat de rapporteur sp\u00e9cial vise \u00e0 amplifier la voix des peuples autochtones, \u00e0 transmettre leurs revendications et leurs pr\u00e9occupations et \u00e0 insister pour que les \u00c9tats respectent leurs obligations internationales en mati\u00e8re de droits de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Le rapporteur sp\u00e9cial sur les droits des peuples autochtones est l&rsquo;un des trois m\u00e9canismes des Nations unies sur les peuples autochtones. Les deux autres m\u00e9canismes sont : l&rsquo;Instance permanente des Nations unies sur les questions autochtones (un organe de seize membres qui tient ses sessions annuelles \u00e0 New York), et le M\u00e9canisme d&rsquo;experts des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, un organe de sept membres qui tient ses sessions annuelles \u00e0 Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Le mandat du rapporteur sp\u00e9cial s&rsquo;articule autour de quatre grands axes de travail :<\/p>\n<p><strong>\u00c9tudes th\u00e9matiques<\/strong><\/p>\n<p>Le rapporteur sp\u00e9cial produit deux rapports annuels th\u00e9matiques, l&rsquo;un destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies \u00e0 New York et l&rsquo;autre au Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations unies \u00e0 Gen\u00e8ve. Cette ann\u00e9e, mon premier rapport portera sur la reconnaissance par les \u00c9tats des peuples autochtones en tant que d\u00e9tenteurs de droits et mon second sur la d\u00e9marcation et l&rsquo;enregistrement des terres des peuples autochtones.<\/p>\n<p><strong>Visites dans les pays<\/strong><\/p>\n<p>Mon mandat comprend \u00e9galement des visites de pays, qui peuvent \u00eatre demand\u00e9es par le rapporteur sp\u00e9cial ou propos\u00e9es par un pays. Ma premi\u00e8re visite de pays en tant que rapporteur sp\u00e9cial aura lieu au Botswana.<\/p>\n<p>Je remercie le gouvernement du Botswana d&rsquo;avoir accept\u00e9 la demande de visite et de me permettre, en tant que premier rapporteur sp\u00e9cial africain sur les droits des peuples autochtones, d&rsquo;effectuer ma premi\u00e8re visite officielle en Afrique. Je me r\u00e9jouis de travailler avec le gouvernement et les peuples autochtones afin de contribuer concr\u00e8tement \u00e0 la r\u00e9alisation des droits des peuples autochtones sur le continent en g\u00e9n\u00e9ral et au Botswana en particulier.<\/p>\n<p><strong>Les communications<\/strong><\/p>\n<p>Le mandat inclut \u00e9galement l&rsquo;envoi de communications comme moyen pour le Rapporteur sp\u00e9cial de soulever des cas sp\u00e9cifiques ou des situations de violations pr\u00e9sum\u00e9es des droits des peuples autochtones avec les gouvernements et d&rsquo;autres acteurs. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;aspect protecteur du mandat qui gagne en pertinence et en popularit\u00e9 aupr\u00e8s des peuples autochtones du monde entier.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres domaines du mandat, tels que le renforcement des capacit\u00e9s, les visites universitaires, l&rsquo;assistance technique et les conseils, entre autres. Ce pilier du mandat gagne en importance car de plus en plus de peuples autochtones, d&rsquo;universit\u00e9s, d&rsquo;ONG, d&rsquo;agences des Nations unies, d&rsquo;entreprises priv\u00e9es et d&rsquo;autres acteurs sollicitent l&rsquo;assistance technique du rapporteur sp\u00e9cial.<\/p>\n<h3>III. Un contexte mondial pr\u00e9occupant pour les droits de l&rsquo;homme et les peuples autochtones<\/h3>\n<p>Les droits des peuples autochtones n&rsquo;existent pas dans le vide. Mon mandat de rapporteur sp\u00e9cial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones intervient \u00e0 un moment o\u00f9 les droits de l&rsquo;homme sont soumis \u00e0 une pression particuli\u00e8re. Je dirais m\u00eame que les principes fondamentaux des droits de l&rsquo;homme que sont l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, la non-discrimination, l&rsquo;autod\u00e9termination et les relations internationales amicales sont attaqu\u00e9s. Ces principes ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale par des femmes et des hommes courageux et \u00e9clair\u00e9s qui ont relev\u00e9 le d\u00e9fi de leur g\u00e9n\u00e9ration. Ils constituent le fondement d&rsquo;un ordre mondial qui garantit \u00e0 toutes les personnes, nations et \u00c9tats le droit d&rsquo;exister et d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9s avec dignit\u00e9, ind\u00e9pendamment de leur richesse, de la couleur de leur peau, de leurs croyances religieuses, de leur sexe, de leur culture, de la taille de leur population ou de leur situation g\u00e9ographique. Ces principes lient tous les \u00eatres humains, les peuples et les \u00c9tats au sein d&rsquo;une grande famille humaine de plus de 8 milliards de membres qui se soucient les uns des autres, comme le proclame le pr\u00e9ambule de la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits de l&rsquo;homme : \u00ab &#8230;la reconnaissance de la dignit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 tous les membres de la famille humaine et de leurs droits \u00e9gaux et inali\u00e9nables constitue le fondement de la libert\u00e9, de la justice et de la paix dans le monde \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, une r\u00e9flexion inqui\u00e9tante se fait jour. Dans l&rsquo;ignorance de ces normes et valeurs mondiales en mati\u00e8re de droits de l&rsquo;homme, des \u00c9tats sont ouvertement menac\u00e9s ou attaqu\u00e9s par d&rsquo;autres ; les ambitions de conqu\u00eates territoriales renaissent ; les faibles et les pauvres ont \u00e0 peine le droit d&rsquo;exprimer leurs opinions ; et une poign\u00e9e d&rsquo;individus et d&rsquo;\u00c9tats riches aspirent \u00e0 dicter les normes internationales. Des discours, des symboles et des gestes devenus inacceptables sont prononc\u00e9s, port\u00e9s ou ex\u00e9cut\u00e9s en public sans aucune cons\u00e9quence. Les principes fondamentaux des droits de l&rsquo;homme que sont la non-discrimination et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 sont mis sens dessus dessous et consid\u00e9r\u00e9s comme source de division ou toxiques pour la soci\u00e9t\u00e9 ; la ru\u00e9e mondiale vers les minerais rares ou de transition se fait au m\u00e9pris des droits de l&rsquo;homme fondamentaux.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, ces principes des droits de l&rsquo;homme sont toujours en vigueur, mais nous commen\u00e7ons \u00e0 voir les contours du chaos qui surviendrait s&rsquo;ils venaient \u00e0 s&rsquo;effondrer. Si ces valeurs et principes mondiaux venaient \u00e0 s&rsquo;effondrer, l&rsquo;humanit\u00e9 serait d\u00e9sunie et ne serait plus qu&rsquo;une mosa\u00efque de peuples, de nations, d&rsquo;\u00c9tats et d&rsquo;individus en lutte les uns contre les autres et vuln\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;exploitation par des acteurs plus puissants. Dans un tel contexte mondial, les groupes sociaux les plus faibles, comme les peuples autochtones, paieraient le prix le plus \u00e9lev\u00e9. Un proverbe africain dit que lorsque les \u00e9l\u00e9phants se battent, ce sont les petits arbres qui paient le plus lourd tribut.<\/p>\n<p>Je vois une opportunit\u00e9 dans ce d\u00e9fi ; il est temps de d\u00e9fendre les principes fondamentaux des droits de l&rsquo;homme que nous avons peut-\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme acquis ; il est temps de r\u00e9affirmer la centralit\u00e9 des droits de l&rsquo;homme dans les relations internationales ; et il est temps d&rsquo;\u00e9tablir des alliances et des partenariats solides, et d&rsquo;exhorter ceux qui ont de l&rsquo;influence et des ressources \u00e0 REINVESTIR les droits de l&rsquo;homme \u00e0 tous les niveaux.<\/p>\n<p>La Commission africaine a un r\u00f4le cl\u00e9 \u00e0 jouer dans ce r\u00e9veil. J&rsquo;exhorte la Commission africaine \u00e0 prendre l&rsquo;initiative d&rsquo;appeler les \u00c9tats africains et le monde entier \u00e0 RECOMMANDER LE RESPECT DES DROITS DE L&rsquo;HOMME, en accordant une attention particuli\u00e8re aux peuples autochtones.<\/p>\n<p>JE VOUS REMERCIE<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9claration du Dr. Albert Barume, Rapporteur sp\u00e9cial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones \u00e0 la 83\u00e8me session ordinaire de la Commission Africaine des Droits de l&rsquo;homme et des Peuples &nbsp; Pr\u00e9sident de la Commission africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples Mesdames et Messieurs les Commissaires, Excellences Mesdames et Messieurs les\u2026 <span class=\"read-more\"><a href=\"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr?p=1469\">En savoir plus &raquo;<\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1466,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[26],"tags":[118],"class_list":["post-1469","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-statements-fr","tag-achpr-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1469"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1469\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1477,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1469\/revisions\/1477"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1466"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/unsr.albertbarume.org\/site\/fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}