Dans le présent rapport, le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones examine la situation des droits de l’homme des peuples autochtones en Namibie sur la base de recherches et d’informations recueillies, notamment lors d’une visite dans le pays du 20 au 28 septembre 2012.
Les peuples autochtones de Namibie ont subi des injustices dans le passé qui les laissent aujourd’hui désavantagés à des degrés divers. Depuis l’indépendance de la Namibie en 1990, le Gouvernement a réalisé de nombreuses avancées significatives pour renverser certains des héritages destructeurs laissés par le colonialisme et l’apartheid. Cependant, certains peuples autochtones – notamment les San, les Himba (Ovahimba), les Ovazemba, les Ovatjimba et les Ovatue – sont désavantagés par rapport à d’autres groupes du pays et n’ont pas vu les promesses et les avantages apportés par l’indépendance se concrétiser pour eux. Ces groupes ont exprimé un fort désir d’une plus grande inclusion dans la prise de décision à tous les niveaux, de pouvoir véritablement définir leurs propres priorités de développement et de retrouver ou renforcer leurs droits sur les terres et les ressources naturelles, en particulier les terres auxquelles ils conservent un attachement culturel.
Ces dernières années en particulier, le Gouvernement a conclu des arrangements novateurs avec des tribus San qui leur ont permis d’accroître leur contrôle sur la gestion de certaines zones territoriales et d’en tirer des avantages substantiels. En pleine consultation avec les peuples concernés, ces types d’arrangements innovants devraient être élargis et renforcés, parallèlement à des efforts accrus pour assurer la sécurité foncière des peuples San, qui reste encore trop vulnérable. À cet égard, les initiatives de réinstallation foncière semblent présenter des éléments positifs et du potentiel. Cependant, il faut faire davantage pour identifier des terres adéquates pour la réinstallation et pour élaborer des arrangements de planification de l’utilisation des terres, en consultation avec les communautés San concernées, ainsi que pour fournir un soutien continu au développement durable des communautés réinstallées.
Les peuples autochtones de Namibie expriment un sentiment d’exclusion des processus décisionnels, tant au niveau local que national, en raison de leurs identités ethniques. La reconnaissance des autorités traditionnelles des peuples autochtones en Namibie est une étape importante dans la promotion de leurs droits à l’auto-gouvernance et au maintien de leurs identités distinctes. L’État devrait s’efforcer de promouvoir la reconnaissance des autorités légitimes sélectionnées conformément aux processus décisionnels traditionnels. Il convient également de redoubler d’efforts pour s’assurer que les peuples ou tribus autochtones ethniquement distincts des tribus majoritaires soient adéquatement représentés dans les institutions législatives et administratives, tant au niveau des districts qu’au niveau national.
La Namibie a accordé une grande attention à l’éducation depuis l’indépendance et a établi d’importantes politiques concernant l’enseignement dans la langue maternelle et l’éducation culturellement appropriée. Cependant, le Gouvernement devrait intensifier ses efforts pour remédier à la situation éducative préoccupante, en particulier des groupes San et Himba, dont les membres continuent d’accuser un retard dans leurs résultats scolaires par rapport aux autres groupes. En outre, des efforts concertés sont nécessaires pour traiter les facteurs structurels contribuant aux problèmes de santé dont souffrent les peuples autochtones dans le pays, notamment la pauvreté et le manque d’accès à leurs terres traditionnelles et aux ressources naturelles.
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