À l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones : rendre hommage aux sages-femmes autochtones

By | 9 août 2026

À l’occasion de cette Journée internationale des peuples autochtones, nous mettons l’accent sur un thème essentiel à la survie, à la continuité culturelle et à l’autodétermination des peuples autochtones : la profession de sage-femme autochtone.

Pour les peuples autochtones, les sages-femmes traditionnelles, les guérisseurs et les femmes-médecines sont bien plus que de simples prestataires de soins ; elles sont les principales détentrices et transmetteuses du savoir, de la langue, de la culture et de l’identité. Leurs rôles sont essentiels aux systèmes de gouvernance des peuples autochtones et à la protection de la santé reproductive.

Cependant, ces institutions essentielles ont été systématiquement prises pour cible dans le cadre des processus de colonisation et de construction nationale. Historiquement, les pratiques des peuples autochtones en matière de santé maternelle ont souvent été criminalisées ou rejetées comme primitives, ce qui a entraîné l’érosion des savoirs traditionnels et des soins centrés sur la communauté. Ce démantèlement des institutions traditionnelles a eu de profondes répercussions intergénérationnelles sur la continuité démographique et le bien-être des peuples autochtones.

L’héritage de ces injustices historiques reste visible aujourd’hui sous la forme d’une discrimination structurelle au sein des systèmes de santé modernes. Les femmes et les filles autochtones sont régulièrement confrontées au racisme, à la minimisation de leur souffrance et au refus de soins adaptés à leur culture, ce qui se traduit par des taux de mortalité maternelle disproportionnés et un accès réduit aux services essentiels. De plus, la pollution environnementale causée par les industries extractives et l’exploitation minière illégale continue de menacer la santé reproductive et l’autonomie corporelle des peuples autochtones.

Malgré ces défis, nous assistons à un mouvement puissant visant à faire valoir ces droits. Du modèle « Birthing on Country » en Australie aux collectifs de sages-femmes maories en Nouvelle-Zélande, en passant par les modèles de santé interculturels en Équateur et en Bolivie, les peuples autochtones démontrent que l’intégration des savoirs traditionnels dans les soins de maternité améliore les résultats sanitaires et rétablit leur rôle de leaders.

Le 23 septembre, je présenterai au Conseil des droits de l’homme un rapport exhaustif décrivant en détail ces schémas de violations et soulignant la nécessité urgente d’y remédier.

J’appelle tous les États à :
– Reconnaître les violations passées et actuelles des droits reproductifs des peuples autochtones.

– Mettre en place des systèmes de santé interculturels qui reconnaissent et soutiennent les sages-femmes et les guérisseurs traditionnels des peuples autochtones.

– Veiller à ce que toutes les politiques en matière de santé et d’environnement soient élaborées avec la pleine participation des peuples autochtones et avec leur consentement libre, préalable et éclairé.

La défense de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles est essentielle à la survie collective et à l’avenir des peuples autochtones.