Les experts de l’ONU appellent à la sauvegarde du système des procédures spéciales, « pilier indispensable » de la protection des droits de l’homme

By | 9 décembre 2025

GENÈVE – Face à la montée de l’autoritarisme, à l’aggravation de la polarisation, à l’intolérance croissante et aux pressions de plus en plus fortes qui pèsent sur le système multilatéral, la Journée des droits de l’homme est un moment essentiel pour réaffirmer notre engagement commun en faveur des droits de l’homme universels, ont déclaré aujourd’hui des experts des Nations unies*. Ils ont publié une déclaration commune dans laquelle ils renouvellent leur attachement indéfectible à la Déclaration universelle des droits de l’homme et soulignent le besoin urgent d’un système des droits de l’homme fort, indépendant et doté de ressources suffisantes, capable de préserver la dignité, la justice et l’égalité pour tous.

Nous nous engageons à nouveau à préserver notre indépendance en tant que mécanisme de protection des droits de l’homme et à répondre aux appels et aux attentes des victimes, des survivants et de tous ceux qui sont dans le besoin », a déclaré le commissaire européen à la protection des droits de l’homme, M. Peter K. K., à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue à Bruxelles.

Nous continuerons d’appeler à la pleine mise en œuvre des normes en matière de droits de l’homme et de fournir des conseils techniques spécialisés, en fondant notre travail sur les principes du droit international en matière de droits de l’homme.

Nous nous efforçons de continuer à promouvoir un changement positif dans la vie des gens en nous acquittant de nos mandats de prévention et de protection.

Nous resterons inébranlables dans notre plaidoyer en faveur d’une plus grande protection des droits de l’homme, de l’État de droit et des processus démocratiques dans le monde entier. Nous continuerons à proclamer les vérités qui dérangent.

Au fil des décennies, les dirigeants des Nations unies ont affirmé à maintes reprises l’importance et le pouvoir du système. En 2006, le secrétaire général Kofi Annan a qualifié les procédures spéciales de « joyau de la couronne » du système international des droits de l’homme. Son successeur, le secrétaire général Ban Ki-moon, a décrit les experts des procédures spéciales comme les « yeux et les oreilles » indispensables du Conseil, essentiels pour dénoncer les violations, et a insisté sur le fait qu’ils devaient être autorisés à travailler sans entrave. L’ancien Haut Commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour, a décrit les procédures spéciales comme les défenseurs des droits de l’homme en première ligne de l’ONU – le mécanisme d’alerte précoce et de protection du système en action.

Ce mécanisme est devenu un système dynamique, avec des experts indépendants engagés qui travaillent bénévolement sur un large éventail de situations thématiques et nationales. Les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales se sont acquittés de leurs tâches avec courage, impartialité et un dévouement inébranlable – souvent au prix de lourdes pertes personnelles – à une époque où de nombreuses voix en faveur des droits de l’homme sont intimidées et réduites au silence. Leur impact s’est fait sentir malgré des capacités et des ressources très limitées.

Alors que les Nations unies et le Conseil des droits de l’homme traversent des moments critiques de réforme et de réflexion, nous insistons sur le fait que ces processus doivent créer davantage, et non moins, d’espaces de dialogue. La protection des droits de l’homme est indispensable à la paix, à la sécurité et au développement durable.

Nous appelons les États membres à résister à toutes les tentatives de dilution ou de mise à l’écart du système des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les États et tous les acteurs concernés doivent agir maintenant pour protéger et renforcer les procédures spéciales en tant que pilier indispensable pour faire entendre les préoccupations en matière de droits de l’homme. En tant que voix indépendantes, nous sommes en mesure de défendre tous les droits de l’homme, partout, même face aux attaques personnelles, aux menaces et aux sanctions.

En cette journée des droits de l’homme, nous promettons aux victimes du monde entier que nous resterons vos voix et vos défenseurs, même lorsqu’il semblera que le monde s’est détourné d’elles ».

*Les experts :

Les rapporteurs spéciaux/experts indépendants/groupes de travail sont des experts indépendants en matière de droits de l’homme nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Ensemble, ces experts sont appelés procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel des Nations unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Si le Bureau des droits de l’homme des Nations unies fait office de secrétariat pour les procédures spéciales, les experts agissent à titre individuel et sont indépendants de tout gouvernement ou organisation, y compris du Haut-Commissariat aux droits de l’homme et des Nations unies. Les points de vue ou opinions présentés sont uniquement ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de l’ONU ou du HCDH.

Les observations et recommandations spécifiques à un pays formulées par les mécanismes des droits de l’homme des Nations unies, y compris les procédures spéciales, les organes de traités et l’examen périodique universel, peuvent être consultées sur l’Index universel des droits de l’homme https://uhri.ohchr.org/en/.

Pour les demandes de renseignements et les demandes des médias, veuillez contacter Nathalie Rondeux(nathalie.rondeux@un.org)

Suivez l’actualité des experts indépendants des Nations unies en matière de droits de l’homme sur Twitter : @UN_SPExperts.