Appel à contribution : Délimitation, enregistrement et titrage des terres, territoires et ressources des peuples autochtones

janvier 21, 2026
Objectif: Informer le rapport thématique 2026 du rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, sur la démarcation, l’enregistrement et l’attribution de titres de propriété aux terres, territoires et ressources des peuples autochtones, qui sera présenté à l’Assemblée générale des Nations unies.

Contexte

Les droits des peuples autochtones sur les terres, les territoires et les ressources sont à la base de leur autodétermination, de leur identité culturelle, de leurs systèmes alimentaires, de leurs moyens de subsistance et de leur continuité spirituelle. Ils sont depuis longtemps reconnus comme essentiels pour surmonter les injustices historiques et garantir un avenir digne aux générations actuelles et futures. Cette importance se reflète dans le cadre juridique et normatif international qui protège ces droits : la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) affirme les droits collectifs sur les terres, les territoires et les ressources (articles 25 à 32) et exige le consentement préalable, libre et éclairé (FPIC) avant toute mesure les concernant (articles 10, 19, 29 et 32) UNDRIP. La convention n° 169 de l’OIT (1989) fixe des normes contraignantes en matière de reconnaissance du régime foncier, de consultation/participation et de protection des institutions et du système coutumier. Les orientations opérationnelles précisent les éléments du CLIP et sa mise en œuvre dans les différents secteurs.

Ces protections sont ancrées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), qui affirme la non-discrimination et l’égalité devant la loi (articles 2 et 7), le droit à un recours effectif (article 8), le droit de posséder des biens et de ne pas en être arbitrairement privé (article 17), le droit à un niveau de vie suffisant (article 25) et le droit de participer à la vie culturelle (article 27) ; il s’agit là de garanties fondamentales qui sous-tendent la reconnaissance et la sauvegarde des terres, territoires et ressources autochtones. Le contexte des droits de l’homme et de l’environnement est renforcé par la reconnaissance, par l’Assemblée générale des Nations unies, du droit à un environnement propre, sain et durable (A/RES/76/300), qui souligne le devoir des États de respecter, de protéger et de mettre en œuvre les droits habilitants. Cet ensemble de lois et d’orientations constitue la base faisant autorité pour la reconnaissance, la délimitation, l’attribution de titres et la sauvegarde des terres, territoires et ressources autochtones, en veillant à ce que les décisions soient ancrées dans les droits, le consentement, la responsabilité et l’intégrité de l’environnement.

Dans son 2025e rapport intérimaire à la 80e session de l’Assemblée générale (A/80/181), le rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones a examiné les défis mondiaux actuels concernant les droits des peuples autochtones sur leurs terres, territoires et ressources, soulignant l’importance et son intention de se concentrer sur les processus d’identification, de démarcation, d’enregistrement et d’attribution de titres de propriété. Le rapport aborde également la criminalisation des défenseurs des droits fonciers des peuples autochtones et l’interaction entre les territoires ancestraux et la sécurité internationale, appelant à considérer les peuples autochtones comme des partenaires dans la sauvegarde de la paix internationale.

Objectifs

Cet appel à contribution et le questionnaire de suivi ci-dessous visent à recueillir des informations comparables et concrètes sur la manière dont les États reconnaissent, délimitent, titrent et protègent les terres des peuples autochtones, en droit et en pratique, y compris pour les peuples autochtones mobiles, les peuples autochtones en situation d’isolement volontaire ou de premier contact, et dans les territoires côtiers et marins, et en documentant les obstacles, les risques et les pratiques prometteuses.

Veuillez fournir des informations pour le pays ou la région couvert(e) par votre soumission, en notant les variations régionales ou infranationales le cas échéant. Incluez le cadre juridique actuel et les pratiques des dix dernières années, tout en faisant référence à des étapes antérieures si nécessaire pour expliquer les réalités contemporaines. Dans la mesure du possible, joignez les lois, les politiques, les décisions de justice, les couches cadastrales, les manuels administratifs, les lignes budgétaires, les rapports annuels, les protocoles de protection et les études universitaires ou de suivi indépendantes, ou établissez des liens vers ces documents. Si vous citez des cas sensibles, veuillez anonymiser les données personnelles et indiquer toute contrainte de confidentialité. Les personnes interrogées peuvent souhaiter répondre à certaines de ces questions, mais pas à toutes.

Veuillez soumettre votre réponse en anglais, en français ou en espagnol en utilisant un format Word (.docx) accessible. La longueur totale ne doit pas dépasser 4 000 mots, annexes non comprises. Structurez votre réponse en fonction des rubriques de ce questionnaire et n’hésitez pas à utiliser des puces dans chaque section.

Veuillez citer les sources juridiques pertinentes – y compris les titres, les numéros d’instruments et les dates de promulgation – et, le cas échéant, fournir des liens vers les journaux officiels ou les dépôts d’archives. Joignez des cartes/fichiers ou décrivez leur statut officiel et leur autorité. Lorsque des données existent, veuillez les ventiler par population, communauté, sexe, âge, handicap, zone rurale/urbaine et par catégorie territoriale (par exemple, territoire titré, zone protégée avec co-gouvernance, régime foncier communal, zone côtière/marine).

Lorsque vous communiquez des cas sensibles, rendez anonymes les noms et les lieux précis et indiquez si l’information peut être rendue publique.

Veuillez soumettre votre réponse avant le 15 février 2026 à hrc-sr-indigenous@un.org, en utilisant la ligne d’objet : “Soumission pour le rapport à la 81e session de l’Assemblée générale – Pays/Région/Peuples autochtones concernés/Entité”.

Questions clés et types de contributions/commentaires recherchés

QUESTIONS ET INFORMATIONS RECHERCHÉES

  1. Reconnaissance juridique des terres des peuples autochtones :

– Les droits fonciers des peuples autochtones (terres, territoires et ressources) sont-ils légalement reconnus par une constitution, une loi ou une politique ?

– Quelle est la portée de ces droits reconnus (pleine propriété, accès, utilisation, contrôle, exclusion, droits souterrains, partage des avantages) ?

– Les territoires coutumiers, y compris les eaux/zones marines, et les institutions traditionnelles de gouvernance sont-ils légalement reconnus comme des droits préexistants ?

– Ces droits fonciers reconnus incluent-ils la restitution ou la compensation pour les dépossessions historiques ?

– Considérez-vous que la reconnaissance juridique locale actuelle est alignée sur la DNUDPA ? Si ce n’est pas le cas, quels sont les éléments manquants ou non alignés ?

– S’il n’y a pas de reconnaissance légale des droits fonciers des peuples autochtones, quelles sont les pratiques actuelles en vigueur ?

  1. Marquage physique des droits fonciers des peuples autochtones :

– Les terres des peuples autochtones sont-elles délimitées et font-elles l’objet d’un titre de propriété ?

– Comment se fait la démarcation ?

– Lors du dépôt de la demande de démarcation et d’attribution de titres, quels sont les documents et autres exigences nécessaires, quelles sont les institutions impliquées et dans quelle mesure sont-elles accessibles aux populations autochtones ?

– Quelle est la durée moyenne de ces processus de démarcation/titrage, et quels sont les frais ou les coûts impliqués ?

– Quelle entité est le détenteur légalement reconnu du titre de propriété ?

– Quels sont les outils juridiques et technologiques utilisés pour la démarcation et le titrage ?

– Quel rôle les populations autochtones jouent-elles dans le processus de démarcation et/ou d’attribution des titres ? Leur rôle est-il déterminant ?

– Comment évaluez-vous l’adéquation de ces procédures avec les droits internationalement reconnus des peuples autochtones ?

– Quels sont les principaux obstacles à la démarcation et à l’attribution de titres de propriété ?

– Existe-t-il des cas où des processus de titularisation inadéquats (y compris, par exemple, une démarcation incomplète, des retards dans les procédures de titularisation, une compensation inefficace des titres) ont pu être à l’origine de la violence et de la criminalisation des peuples autochtones ?

  1. Trouver un équilibre entre les droits fonciers des peuples autochtones et d’autres intérêts :

– Quel est le degré de protection des terres délimitées ou titrées des peuples autochtones ?

– Dans quelle mesure ces droits titrés sont-ils défendus, dans le contexte d’autres intérêts concurrents : les lois sectorielles sur l’énergie, l’exploitation minière, la conservation de l’environnement et autres reconnaissent-elles et respectent-elles les droits spécifiques des peuples autochtones ? Ces lois et leur mise en œuvre sont-elles conformes aux responsabilités de l’État en matière de droits de l’homme et aux obligations internationales concernant les droits des peuples autochtones ?

– Quelles sont les institutions qui jouent un rôle clé dans la protection et la sauvegarde de ces terres titrées (tribunaux, institutions nationales de défense des droits de l’homme, entités publiques, etc.)

– Quels sont le rôle et la situation des défenseurs des droits fonciers qui protègent activement les terres des peuples autochtones ? Existe-t-il des mécanismes pour protéger les défenseurs des droits fonciers des peuples autochtones contre les intimidations ou les représailles, y compris une réponse rapide, une aide juridique et des poursuites en cas de menaces ? Veuillez fournir des exemples de cas.

– Existe-t-il des cas de violence et de criminalisation des peuples autochtones et de leurs communautés liés à la protection de leurs terres traditionnelles après l’attribution de titres de propriété ?

– Le consentement préalable, libre et éclairé (FPIC) est-il requis et mis en œuvre lorsque les droits fonciers des peuples autochtones sont affectés (modification des limites, zones protégées, concessions, projets relatifs au climat et à la biodiversité, infrastructures, relocalisation) ?

– Existe-t-il des mesures visant à empêcher l’empiètement ou la dépossession des terres des peuples autochtones (patrouilles, sanctions, contrôle de la conformité) ?

– L’État peut-il déclarer des zones protégées ou imposer des restrictions environnementales sur l’utilisation coutumière des terres ou territoires des peuples autochtones (y compris dans le contexte de la conservation de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique) ?

– L’État peut-il accéder aux terres des peuples autochtones et les utiliser pour des raisons militaires ou de sécurité nationale ? Le consentement est-il nécessaire dans ces cas ?

– Existe-t-il d’autres restrictions à la juridiction des peuples autochtones sur leurs terres et territoires traditionnels (droits de passage, autres) ? L’Etat peut-il développer des activités économiques sur les terres et territoires des peuples autochtones (exploitation des ressources naturelles, infrastructures) ? Le consentement est-il nécessaire ?

– Les terres des peuples autochtones sont-elles affectées par des questions de sécurité ou de géopolitique internationale ? Dans l’affirmative, comment et à quel type de défis sont-ils confrontés ?

  1. Peuples autochtones mobiles, peuples autochtones en situation d’isolement volontaire ou de premier contact et dans les territoires marins/côtiers

– Veuillez décrire comment les droits fonciers des populations autochtones mobiles (pasteurs, chasseurs-cueilleurs, communautés nomades/de marins) sont reconnus et protégés.

– Veuillez décrire les mesures prises pour délimiter et protéger les territoires des peuples autochtones vivant dans l’isolement volontaire ou en situation de premier contact.

– Veuillez indiquer si les processus de démarcation et d’enregistrement incluent les zones côtières et marines.

Comment les intrants seront-ils utilisés ?

Toutes les contributions seront publiées sur le site web du mandat, à moins que leurs auteurs n’indiquent explicitement qu’elles sont confidentielles.

Conformément au Code de conduite pour les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme et au Manuel d’opérations des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme, les titulaires de mandat travaillent sur la base d’informations objectives, fiables et de faits vérifiables. À cet égard, le rapporteur spécial se réserve le droit de ne pas publier les soumissions qui n’atteignent pas ce seuil, ainsi que les informations contenant des données personnelles ou qui pourraient exposer les auteurs ou d’autres personnes à un risque de représailles ou d’intimidation.

Prochaines étapes

Les contributions/commentaires peuvent être envoyés par e-mail. Ils doivent être reçus avant le 20 février 2026 23:30 (heure de Genève).

Adresse électronique : hrc-sr-indigenous@un.org

Objet de l’e-mail : Soumission pour le rapport à la 81ème session de l’Assemblée générale – Pays/Région/Peuples autochtones concernés/Entité

Limite de mots et de pages :
4000 mots

Formats de fichiers acceptés :
Word, PDF

Langues acceptées :
anglais, français, espagnol